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Plusieurs problématiques se dégagent à la lecture du programme. Tout d’abord, la prise en considération d’un tissu urbain marqué dans lequel il conviendra d’insérer un projet respectueux de son environnement.
La situation de la parcelle, notamment sa position sur l’esplanade, donne au projet une grande visibilité.
La réflexion sur l’identité du projet prend, de fait, une importance particulière. Sa relation à l’espace public participera à l’identité du lieu et de l’édifice : le traitement de la liaison entre espace public et bâti devra refléter l’aspect social de l’institution et donner une image d’ouverture et de modernité.

Comme évoqué précédemment, l’utilisateur occupe une part importante de la conception. La qualité des espaces intérieurs, l’ergonomie des lieux devront être traitées avec soin, favorisant les grands volumes, les lignes de fuites permettant au regard de s’échapper, que ce soit depuis les positions assises ou lors des déplacements à l’intérieur de l’établissement.
Ainsi la conception s’est focalisée sur la flexibilité des lieux, leur modularité, tout en s’évertuant à dépasser le simple fonctionnalisme du bureau : la recherche d’une ergonomie, d’une convivialité, tant pour le personnel que pour le public, nous apparaît primordiale.

CONSTAT

Située à proximité du centre de Dinan, cette opération vient se greffer à l’entrée de la ZAC Beaumanoir, dans le périmètre de protection des monuments naturels et historiques.
L’ancienne caserne a créé un tissu urbain particulier, constitué de longs édifices à la trame stricte, d’anciens entrepôts dont les pignons dessinent des profils acérés sur rue.
Le positionnement de la parcelle revêt un caractère particulièrement délicat. Elle s’ouvre en effet sur l’espace public sur ses quatre côtés (esplanade et ancienne place d’armes à l’ouest et au nord, rue du 10ème Régiment d’Artillerie et ancien poste de garde, au sud et à l’est), et est situé sur l’axe principal reliant le centre-ville au nouveau quartier.
De plus, le projet doit traiter avec soin la présence du mur existant, vestige de l’autre poste de garde aujourd’hui démoli.

INSCRIPTION DANS LE SITE

L’insertion du projet dans son environnement proche s’effectue par la prise en compte du langage architectural du site, avec comme principale articulation la question du mur existant. Il s’agit en effet de mettre en valeur ce mur en l’intégrant subtilement dans le projet. En travaillant les proportions de pleins et de vides, la matière ‘massive’ ne touchant jamais le granit, on détache le mur et on lui permet d’afficher sa temporalité.

L’esplanade accueille tout naturellement la façade d’entrée destinée au public : l’importance donnée aux flux piéton justifie pleinement ce positionnement. De plus, toutes les dispositions y sont déjà prises en matière d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (–notamment depuis le parking souterrain).
L’accès réservé au personnel est positionné en façade est, face au poste de garde.

Rôle de la toiture :
La toiture, traitée comme une nappe de métal aux ondulations segmentées, voit sa ligne de faîtage suivre l’axe de la rue. Les rives se plissent afin de former une suite de pignons reprenant ainsi les gabarits du poste de garde et du centre de musique situés à l’est.
Cette toiture assure donc la continuité entre bâtiments. Elle permet un dialogue avec le poste de garde à l’est et s’ouvre sur l’esplanade et le futur immeuble d’habitation à l’ouest.
Le traitement de sa structure métallique, assurant selon les pleins et les vides, couverture ou filtre de la lumière naturelle, permet de lier le projet lui-même. Le positionnement de la rive de toiture sur l’alignement du front bâti souligne le redent que forme le patio et assure une continuité volumétrique à l’édifice.

Traitement et composition des façades :
– Au sud, sur rue :
Comme évoqué précédemment, le mur existant a été l’objet d’une attention toute particulière. De grands rectangles de béton lasuré semblent flotter au-dessus du mur, effet accentué par l’absence totale d’ouverture sur ceux-ci. Un patio permet à la lumière de pénétrer de manière filtrée dans l’édifice et ménage un recul ponctuel de la façade.
– A l’ouest, sur l’esplanade :
Il s’agit de la façade d’entrée pour le public.
Sa fonction d’accueil est soulignée par un soubassement, composé principalement de bois ajouré et de vitrage, supportant un volume de béton accueillant une large ouverture munie d’un brise-soleil métallique composé d’un entrelacs de logos de la CPAM.
– Au nord, sur la place d’armes :
La façade se compose d’une trame d’ouvertures verticales répondant à la cadence de la caserne en vis-à-vis.
– A l’est, face à l’ancien poste de garde de la caserne :
Un recul a été ménagé par rapport à l’emprise de l’ancien bâtiment. En effet, le projet ayant un gabarit supérieur à celui du poste de garde, il convenait de se décaler légèrement afin de ne pas écraser celui-ci. Le soubassement de la construction démolie est conservé en tant qu’empreinte historique.

Teintes et matériaux :
Un soin particulier a été apporté au choix des matériaux, leur pérennité est primordiale.
Les matériaux choisis, tels que le béton lasuré, le bois et le métal respectent les teintes dominantes du site, découlant de l’utilisation du granit et de l’ardoise, tout en assumant leur aspect contemporain.

Le rôle du patio :
C’est l’un des éléments fédérateurs du projet.
La présence du mur existant sur lequel aucun percement ne peut être fait, impose alors de réfléchir à la manière d’apporter de la lumière dans l’édifice, notamment au rez-de-chaussée. Le patio s’impose naturellement.
Cet espace extérieur offre la possibilité de magnifier le mur, de le rendre visible depuis l’intérieur de l’édifice.
C’est aussi un lieu apaisant, visible dès l’entrée dans le bâtiment, et autour duquel s’organisent les différents espaces intérieurs. Il donne directement sur l’espace d’accueil du public et sur l’accès aux boxes et participera au calme et à la détente nécessaires dans un espace d’attente.

Exigüité du terrain :
La superficie du terrain et la présence de la rampe d’accès au parking public ont amené notre réflexion sur la réalisation d’un parking en sous-sol. En effet, la rampe d’accès offre à la fois une possibilité d’accès mais pose aussi le problème des fondations du bâtiment projeté (mur de soutènement, fondations profondes…). Il apparait alors que la création d’un niveau supplémentaire en sous-sol permet d’optimiser le coût des lots gros-œuvre et VRD, d’atténuer la présence de la voiture en aérien en enfouissant les places de stationnement et d’offrir du volume de stockage supplémentaire avec la réalisation (en option de base) d’un local archives. Ceci peut, de surcroît, éviter la mise en place d’une dalle reprenant des surcharges d’exploitation de 1600kg/m² au niveau des combles ce qui augmente le coût de construction de manière non négligeable. Les contraintes techniques de protection au feu seront également plus facilement réalisables au sous-sol.
L’espace libre laissé dans les combles pourra devenir à terme une zone flexible de bureaux.

LE PROJET EN QUELQUES CHIFFRES
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  • Maître d’ouvrage : CPAM DES COTES D'ARMOR (22)
  • Début chantier : AVRIL 2015
  • Fin chantier : MAI 2016