• IMG_9915
  • IMG_9917
  • IMG_9918
  • IMG_9923
  • IMG_9935
  • IMG_0062
  • IMG_0069
  • IMG_9964
  • IMG_0071
  • IMG_0072
  • IMG_9929
  • IMG_0076
  • IMG_0061
  • IMG_9948
  • IMG_9913
  • IMG_0058
  • IMG_0052
  • IMG_0021
  • IMG_0028
  • IMG_0048
  • IMG_0049
  • IMG_0050

En tant qu’établissement public de placement de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, l’EPE de Caen a pour mission l’accueil et l’accompagnement de mineurs placés par le Juge pour Enfants dans le cadre d’une prise en charge éducative axée sur l’objectif de réinsertion des mineurs et de lutte contre la récidive (Source Sénat). L’élaboration d’un projet global pour chaque adolescent permettant son insertion sociale, s’établit à travers différents axes et notamment le travail sur les relations familiales. La mise en place d’un dispositif d’insertion est également un axe important. Ainsi les mineurs qui ne suivent plus de scolarité ou qui sont en rupture de formation pourront bénéficier du dispositif dit ‘’accueil-accompagnement’’ qui nécessite un lieu adapté pour son exercice, à travers différentes activités orientées vers l’insertion et la socialisation.
L’EPE de Caen doit être en capacité d’accueillir une population hétérogène d’adolescents et d’adolescentes de 13 à 18 ans, placés sur des périodes allant de quelques jours à plusieurs mois, avec des mesures ou des sanctions éducatives très différentes (ordonnance du 2 février 1945) et des contextes de placements très différents les uns des autres (avant ou après jugement, etc.). L’équipe éducative a également une mission d’observation des adolescents afin d’éclairer le juge dans sa prise de décisions. Ainsi, le lieu d’accueil des mineurs doit refléter le cadre judiciaire et se prêter à la mise en place des différents accompagnements éducatifs nécessaires. Il doit également faciliter la continuité et la souplesse nécessaire à la prise en charge d’une population aussi hétérogène, l’accueil des mineurs s’exerçant sur la durée au sein des UEHC et UEHD (source Sénat).
Afin de favoriser la prise en charge globale des mineurs placés par l’autorité judiciaire, le lieu d’accueil doit pouvoir refléter cette notion même de cadre et soutenir la structuration de l’environnement que l’équipe éducative tente d’apporter à ces adolescents en perte de repères.
La pluridisciplinarité revêt un caractère important de l’institution. La cohérence de la prise en charge passe avant tout par un travail concerté entre les différents professionnels ; d’où l’importance des échanges et de la fonctionnalité des lieux, de la proximité des espaces pour une appréhension globale de la situation du jeune pris en charge.
La problématique posée tourne principalement autour de la restructuration et de la prise en compte du public accueilli et des nombreuses dispositions nécessaires à la réalisation d’un lieu qui leur est destiné.

ANALYSE
– Restructuration et augmentation de la capacité d’accueil de l’EPE
Prise en compte du dispositif ‘accueil-accompagnement’ qui permet la mise à disposition de lieux pour accueillir les activités en partie déjà proposées par les équipes éducatives et offre la possibilité d’en mettre en place de nouvelles grâce aux nouveaux locaux.
Liaison et dissociation des deux entités (cadre / foyer)
Fonctionnement optimum : ergonomie, continuité des espaces, filtres…
Le fonctionnement devra refléter la ‘philosophie’ de ce type d’établissement, à savoir :
– service public,
– « lien et continuité »
-prise en charge éducative et pluridisciplinarité
-cadre judiciaire

– problématique urbaine (et gestion du dénivelé) :
Les locaux de l’EPE actuel se situent dans une maison bourgeoise datant de 1927. Le site lui-même se trouvant dans un contexte urbain riche : bâtiments d’habitation de bonne facture, proximité immédiate du centre ville.
Il conviendra de redonner au site une visibilité depuis la rue de Bayeux ; le caractère institutionnel de l’édifice impose une visibilité claire et lisible. Les alignements existants sont un atout pour le projet et permettront de redonner une cohérence au positionnement actuel de la maison existante sans dénaturer son image.
Une difficulté d’ordre technique s’impose immédiatement : un dénivelé important existe entre le rez-de-chaussée existant et les espaces extérieurs. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite s’impose dès lors comme une des contraintes majeures de la conception.
– Identité de l’établissement :
Deux entités sont à distinguer : Administration et UEHC.
Les deux entités seront identifiables, l’une portant l’aspect institutionnel, l’autre reflétant l’accompagnement éducatif.
– Spécificité de la population hébergée :
La surveillance apparait primordiale. Il s’agit là d’un des points sensibles du projet. En effet, l’ergonomie du lieu pour le personnel éducatif passera avant tout par le positionnement judicieux des locaux qui leur sont dédiés. Ils devront être en mesure de surveiller l’ensemble de l’établissement sans être obliger de l’arpenter. Sans pour autant parler d’obtenir une vision nette de tous les lieux, on pourra appréhender la disposition des espaces et des principales connexions (circulations verticales, horizontales…) en considérant la possibilité d’une perception ‘sensitive’ des déplacements.
Toutefois, il conviendra de ne pas rendre les lieux trop oppressants pour les jeunes (il n’est évidemment pas question de dessiner un plan panoptique). Un traitement subtil des espaces sera nécessaire pour concilier surveillance et cadre de vie agréable (cadre éducatif / accueil).

– Flexibilité :
Les locaux devront être facilement aménageables (flexibilité à court terme) et ainsi prendre en compte la rotation du personnel d’encadrement et les activités qu’ils proposent, ainsi que l’évolution du projet d’établissement.
Il conviendra aussi de prendre en considération la flexibilité du bâtiment à long terme ; la structure poteaux/poutres permettra une évolutivité de la construction sans engager de travaux trop lourds financièrement.

REFLEXION, CONCEPTION
Notre approche du projet se fait suivant une démarche que l’on pourrait qualifier de systémique, avec comme fil conducteur l’idée de développement durable, et mettant l’utilisateur au centre de la réflexion. En l’occurrence, il convient de préciser que deux types d’utilisateurs sont à considérer : le personnel éducatif et administratif d’une part et les adolescents accueillis au sein de l’établissement d’autre part. Ces derniers auront en effet une appréhension de l’espace qui leur sera propre, étant données les circonstances qui les auront amenés en ce lieu. Un questionnement sur l’impact du lieu est primordial : d’où l’importance de la conjonction de deux ressentis (cadre judiciaire / lieu d’accueil).
Comme évoqué précédemment, la réflexion se fait suivant plusieurs angles d’analyse. Le travail de conception, s’appuyant sur la programmation, vise alors à effectuer des arbitrages entre les différents thèmes abordés ; pour ce faire, la mise en place d’une hiérarchisation – possiblement évolutive – est nécessaire.
Ainsi, le projet doit apporter la meilleure réponse possible en faisant la synthèse des axes de réflexion engagés.

LOGIQUE DE L’INSCRIPTION DANS LE SITE / TRAITEMENT DES ABORDS
La répartition des unités, notamment pour le logement de fonction et la partie administrative, s’est faite (comme stipulé dans le programme de la maîtrise d’ouvrage) suivant la logique de répartition des surfaces et de fonctionnalité. Ainsi, le logement de fonction trouve sa place au-dessus de l’administration qui elle se situe au rez-de-chaussée de la maison existante.

L’implantation de l’extension découle quant à elle de plusieurs facteurs :
Alignements :
La maison actuelle est placée en retrait de l’alignement général de la rue de Bayeux. En effet, le front bâti constitué principalement de maisons d’habitation donne une cohérence à laquelle la position de l’établissement actuel ne répond pas.
L’extension est dès lors le lien entre le front bâti des constructions avoisinantes et la construction existante sur la parcelle.
L’étage ainsi qu’une partie du rez-de-chaussée viennent s’aligner sur la maison d’habitation voisine. Le porte-à-faux ainsi obtenu vient souligner l’accès à l’établissement.
A l’étage un deuxième volume s’aligne sur la maison existante.
Lisibilité de la construction :
Eviter l’enchevêtrement et la superposition des extensions et permettre une flexibilité, une évolutivité aux corps de bâtiment.
Pour ce faire, l’extension se limite en plan à un long volume venant s’accoler à la façade Est de la maison existante, diminuant ainsi son impact sur le bâti ancien.
Limites perméables – limites ‘strictes’
Les parcelles mitoyennes accueillent une maison d’habitation, pour l’une, et une entreprise de matériaux de plomberie pour l’autre.
L’importance de la protection contre les nuisances sonores est différente pour les deux parcelles contigües. Il en va de même pour les questions de visibilité et de proximité des espaces de vie, notamment en ce qui concerne l’aire de sport.
Le bâtiment ainsi positionné crée une barrière physique entre l’aire de sport et la maison d’habitation à l’Est de la parcelle.

Accès :
Trois accès distincts : accès au logement de fonction, accès véhicules et piétons de l’EPE.
L’accès au logement de fonction correspond au portail véhicules existant. La clôture existante est remplacée par une clôture opaque se différenciant de celle de l’EPE et permettant une intimité de l’espace extérieur.
Pour les accès à l’EPE, le portail piéton est conservé, un nouveau est créé pour l’accès véhicules.
Compte tenu du dénivelé important entre le terrain naturel et le niveau de rez-de-chaussée de l’établissement, l’accès PMR trouve sa place en périphérie de la cour de service. Prenant comme point de départ le portail d’accès piéton, la rampe d’accès aux personnes à mobilité réduite, contourne le parvis d’entrée et débouche devant les accès à l’établissement. Ceci permet de dégager l’espace d’accueil dévolu à l’établissement tout en garantissant le développé de rampe nécessaire pour compenser la différence d’altimétrie.
Cadrage de vues :
Il convient de limiter au maximum les vues vers les parcelles attenantes ainsi qu’entre le logement de fonction et les espaces de l’UEHD.

Ensoleillement et apports naturels de lumière et de chaleur:
Les espaces de vie collective telles que le salon, l’aire de jeux, les salles d’activités scolaires et physiques seront, entre autres, tournées vers l’ouest afin de bénéficier d’apports généreux de lumière ce qui participe pleinement à la qualité du cadre de vie que requièrent ces espaces.
Protection solaire : mise en place de brise-soleil au sud pour les chambres de l’étage, végétation à l’ouest pour éviter la surchauffe estivale.

Rôle de la végétation :
Protection solaire et séparation physique contre le mur ouest de la cour de sport.
Végétation dense formant une barrière physique basse entre la cour de sport et la partie administrative, excluant en même temps un accès (périlleux) à la terrasse du logement de fonction, qui est elle aussi plantée en son pourtour, et pourvue de garde-corps pleins et lisses.
Un mur végétal (bambous) est planté en limite Est du patio. Ceci formera un écran végétal d’agrément pour les locaux s’ouvrant sur le patio.

Afin de remédier à la contrainte forte de la réglementation urbaine et à l’exigüité (relative) de la parcelle, nous avons placé l’extension en alignement sur la limite latérale Est.
La création d’un long patio faisant partie intégrante de la construction nous permet d’augmenter sensiblement le linéaire de façade éclairée et de gérer à notre convenance les distances de recul du bâti en fonction des besoins en éclairement des locaux. Cela permet aussi de conserver des espaces extérieurs généreux au nord et à l’ouest.
Ce patio, tramé par des poutres reprenant le rythme de la structure intérieure de la construction et ceint par un mur en limite latérale, n’est pas accessible aux résidents. Il laisse toutefois accès au fond de parcelle et aux espaces extérieurs s’y trouvant (pour entretien…).

Le jardin trouve sa place naturellement en fond de parcelle, dans la zone inconstructible où le bureau de l’UEHD a été conservé et rénové.
Le fonctionnement de l’UEHD, en parallèle des autres unités, offre la possibilité de laisser ce bureau en son lieu actuel, permettant ainsi des économies non négligeables. De plus, le positionner ailleurs aurait compromis le bon fonctionnement du reste de l’établissement étant donné le peu de surface disponible.

NOTICE ARCHITECTURALE
Identités & Réponse à la problématique urbaine :
La réflexion menée sur l’implantation, les alignements existants qu’il convient de mettre en valeur, a débouché sur la création d’un bâtiment monolithique, partiellement en porte-à-faux, jouant pleinement son rôle de lien entre le front bâti et la maison existante. Ainsi l’implantation d’un corps de bâtiment simple, à l’identité propre, crée une continuité volumétrique entre la maison voisine et le bâtiment existant. Le langage architectural voulu contemporain afin d’entrer en dialogue avec la maison existante affirme deux identités bien séparées : le cadre éducatif d’une part, la protection et l’accueil de l’autre.
Cette masse construite semble flotter au-dessus du parvis. Sa pesanteur participera à son image de bâtiment public, mais elle se propose aussi comme un oxymore, s’imposant à la fois comme cadre judiciaire tout en faisant de l’espace situé en-dessous un premier volume d’accueil.
Outre l’aspect esthétique et symbolique du monolithe, les volumétries simples le composant dénuées d’aspérités évitent toute escalade de l’édifice.

Lien avec l’extérieur
La contrainte forte du dénivelé a été l’opportunité de donner au parvis une présence, une dimension à la fois accueillante et peut-être aussi représentative de l’’autorité’ que symbolise le cadre judiciaire et éducatif. En effet, le bloc de l’étage, en porte-à-faux, vient se positionner au-dessus du cheminement menant à l’entrée sans toutefois devenir trop oppressant, et ce grâce à la hauteur dégagée par cette différence d’altimétries.
De plus, le porte-à-faux permet, symboliquement, d’accueillir la personne avant même qu’elle ne soit entrée dans l’établissement renforçant ainsi la notion de continuité, de lien avec l’extérieur.
Plus prosaïquement, le volume de l’étage vient prolonger l’alignement des façades sur rue. Le lien à la ville est réaffirmé.

Teintes et matériaux :
Un soin particulier a été apporté au choix des matériaux. La pérennité de ceux-ci est primordiale étant donné le public accueilli dans l’établissement. Le soubassement (rez-de-chaussée) est prévu en béton lasuré de teinte foncée, les portes d’accès au patio (de service) sont en métal brut. L’étage est quant à lui prévu en bardage de type éternit de teinte claire pour rester dans l’esprit de la teinte dominante des pierres calcaires de la région. Les toitures mono-pentes sont en zinc.
De grands brise-soleil en métal déployé sont disposés (en quinconce) devant les fenêtres de l’étage orientées au sud.
L’ensemble des matériaux mise en œuvre devront posséder des ecolabels, afin de favoriser un air sains, l’ensemble des matériaux en contact directe avec l’enveloppe interne seront sans ou limitant au maximum les cov.

Espaces intérieurs

– La rue intérieure, véritable colonne vertébrale de l’unité de vie collective, dessert les différents locaux tout en étant un espace de vie à part entière. Cette rue ne se limite pas à sa simple fonction de circulation et aboutit naturellement au salon, ouvert, qui est l’espace de vie par excellence, lieu de socialisation, de détente.
– La cuisine est largement vitrée sur le salon ainsi que sur la salle à manger.
– Le salon sera ouvert sur l’aire de sport et sa végétation d’un côté, et sur le mur végétal du patio à travers les vitrages de la cuisine de l’autre.
– Liaison et dissociation des deux entités principales (administration et foyer).
Le bureau du chef de service est placé à l’interface entre les unités de vie collective et l’unité administrative. Cet espace de travail donne de surcroît sur le parvis, le sas et sur la rue intérieure. Ce positionnement offre une vue d’ensemble sur les accès et sert de liaison privilégiée entre administration et UEHC.
– Locaux du personnel éducatif et surveillance :
Le bureau des éducateurs est placé au centre de l’unité de vie collective au milieu de la rue intérieure. Ceci permet de ménager des vues sur le sas d’entrée, l’aire de sport, la rue intérieure et sur l’escalier desservant l’unité d’hébergement. Ce positionnement central est autant fonctionnel que symbolique. Le cadre éducatif peut être perceptible…
La chambre éducateur est positionnée à proximité immédiate de l’escalier et de la chambre PMR au rez-de-chaussée.
Le bureau de veille est quant à lui situé au niveau du palier d’accès à l’escalier et largement vitré.
Les chambres, espace d’intimités des résidents sont traitées de manière sobre et chaleureuse en favorisant les matériaux sobre et résistant .Une attention particulière est portée sur le cadrage des vues vers l’extérieur, limitant ainsi les vues vers les parcelles voisines.
Le logement de fonction :
Il est dissocié au maximum du reste du projet. On y accède par un escalier donnant sur une terrasse généreuse entièrement entourée d’une végétation dense. La baie créée pour la cuisine est ornée d’un cadre dirigeant la vue et permet à l’inverse que l’on ne voit pas ce qu’il s’y passe depuis l’aire de sport.

LE PROJET EN QUELQUES CHIFFRES
Partager sur :

  • Maître d’ouvrage : Ministère de la Justice
  • Région(s) : Normandie
  • Départements(s) : Calvados
  • Ville(s) : Caen
  • Coût : 1 763 000 €HT